Vous cherchez une ligne d'échappement pour votre machine, vous connaissez son année, et pourtant le catalogue vous propose deux catégories qui semblent toutes deux correspondre. Une 2017-2024 et une 2025-2026, quand la vôtre est immatriculée début 2025. Laquelle choisir ?
Ce n'est ni une erreur de notre part, ni un piège. C'est la conséquence directe de la façon dont les motos sont homologuées en Europe. Voici comment s'y retrouver.
Trois dates différentes cohabitent sur une même moto
La confusion vient de là : ce que l'on appelle couramment « l'année de la moto » recouvre trois choses distinctes.
L'année modèle, ou millésime, est celle que le constructeur annonce dans son catalogue. Une machine présentée à l'automne 2024 est vendue comme un modèle 2025.
L'année d'homologation est celle où le type de véhicule a été validé par les autorités. C'est elle qui détermine à quelle norme antipollution la moto répond, et elle ne bouge plus ensuite.
L'année de première mise en circulation est celle qui figure sur votre carte grise. C'est le jour où la machine a été immatriculée, qui peut intervenir des mois après sa sortie d'usine.
Ces trois dates coïncident souvent. Quand elles divergent, le chevauchement apparaît.
Les normes Euro créent les coupures
Chaque durcissement de la réglementation européenne s'applique en deux temps, et c'est ce décalage qui produit la superposition.
| Norme | Nouveaux types homologués | Toutes les immatriculations neuves |
| Euro 5 | 1er janvier 2020 | 1er janvier 2021 |
| Euro 5+ | 1er janvier 2024 | 1er janvier 2025 |
Un modèle déjà homologué avant l'échéance continue d'être vendu neuf pendant la période intermédiaire. Une moto homologuée Euro 5 en 2019 a donc pu être achetée neuve jusqu'à fin 2020. Une moto homologuée Euro 5 en 2017 a pu l'être jusqu'à fin 2024.
C'est exactement ce qui s'est produit sur une machine comme la Versys 650. Homologuée en 2017, elle a été commercialisée sans modification majeure jusqu'à la fin 2024. Kawasaki n'a sorti sa version Euro 5+ que pour le millésime 2025, avec un nouveau code d'homologation. D'où une plage 2017-2024, puis une plage 2025-2026.
À l'inverse, un modèle entièrement nouveau présenté en 2024 devait déjà répondre à Euro 5+ dès sa sortie. Sa plage démarre donc en 2024, pas en 2025.
Le cas particulier de la fin 2024
Un phénomène a brouillé les cartes cette année-là. Sachant qu'aucune moto non conforme à Euro 5+ ne pourrait plus être immatriculée neuve après le 31 décembre 2024, importateurs et concessionnaires ont massivement immatriculé leurs stocks avant l'échéance.
Résultat : un grand nombre de machines de millésime 2024, voire antérieur, portent une date de première mise en circulation de fin 2024, et certaines ont été livrées à leur propriétaire en 2025.
Si vous avez acheté votre moto neuve au printemps 2025 et que sa carte grise indique décembre 2024, ce n'est pas une anomalie. Votre machine relève de l'ancienne génération, celle qui s'arrête en 2024, même si vous l'avez sur la route depuis 2025.
La seule information qui ne trompe pas : le code d'homologation
Les années sont un repère commode mais approximatif. Le code d'homologation, lui, est attaché au véhicule une fois pour toutes.
Vous le trouvez sur votre certificat d'immatriculation, au champ D.2, sous la forme d'une courte suite de lettres et de chiffres : LE650F, JC95, RD10, K10. C'est ce que les constructeurs appellent le type, et ce que les ateliers appellent souvent le type mines.
Ce code est la référence que les fabricants d'échappement utilisent pour déclarer la compatibilité de leurs produits. Quand une ligne est annoncée pour une Versys 650, elle l'est en réalité pour le LE650F ou pour le LE650J, et la différence est réelle : catalyseur, capteurs, fixations et cartographie évoluent d'une homologation à l'autre.
Deux précisions utiles.
Un même code peut couvrir plusieurs années et plusieurs versions d'un modèle. Il désigne une famille technique homologuée, pas un millésime.
Certaines machines portent plusieurs codes proches, avec un suffixe, selon le marché ou la version. Ils correspondent généralement à la même base technique.
Comment choisir sans se tromper
Partez du code, pas de l'année. Relevez le champ D.2 de votre carte grise et comparez-le à celui annoncé pour la pièce. C'est la vérification la plus rapide et la plus fiable.
Si vous n'avez que l'année, prenez celle du millésime, pas celle de l'immatriculation. Un modèle 2024 immatriculé en janvier 2025 reste un 2024.
En cas de doute sur une année charnière, 2020, 2021, 2024 et 2025 sont les millésimes les plus susceptibles de poser question. Ce sont précisément les années de bascule réglementaire.
Le champ V.9 de votre carte grise indique la norme antipollution à laquelle votre machine répond. C'est un excellent moyen de trancher entre deux générations séparées par un changement de norme.
En résumé
Deux plages d'années qui se suivent sans se recouvrir désignent deux homologations distinctes, pas une hésitation de notre part. Votre moto n'appartient qu'à l'une des deux, et c'est son code d'homologation qui le dit, pas la date imprimée sur sa carte grise.
En cas d'hésitation, communiquez-nous le code du champ D.2 et nous identifierons la pièce qui convient.